Mes matins commencent par un café au lait et une cigarette à la main, avec un soleil me chatouillant le visage ou une pluie me chuchotant en sourdine à l’oreille.

Et voilà que la pensée frappe à la porte, elle m’informe qu’aujourd’hui l’inspiration est au rendez-vous, bien-sûr je les reçois et j’accepte de passer la journée avec elles.

La pensée est d’une humeur bavarde, elle me parle de mon tendre pays, de l’homme, de ma religion ; mais pendant ce temps là l’inspiration reste muette, le regard hypnotisé par les traits d’un vieux, par la couleur d’un châle, par un beau soleil ou par le sourire d’un enfant .

Après une telle journée, je retrouve mon atelier, celui-ci est toujours curieux de ce que j’ai pu lui apporter de la journée. Ma toile en avant, les pinceaux à la main et sous l’influence des notes de musique qui résonnent dans mon espace, je me jette à l’eau, dans ma toile un état second s’empare de moi jusqu’au moment où j’aperçois mes œuvres là, je retrouve mon tendre pays dans un paysage ou une ruelle dans un regard d’enfant dans un sourire ému d’un berger, dans un mystérieux regard d’une Terguia et dans l’unité d’un peuple au moment d'une crise.

Et je comprends que la beauté réside dans la simplicité et la vérité,
Puis je m’investis dans la splendeur de l’inconscient « l’abstrait », autant de richesse à exploiter, un créneau que je n’ai jamais encore exploré jusqu’ici, enfin, ma route me mène vers une source inépuisable pour ne jouer qu’avec la couleur et la matière reste dans les préliminaires car dans le vif du sujet tout est déjà consummé.

CHAOUANE Abderrahmane